| Après la récente condamnation d'un proviseur et d'un professeur à de la prison avec sursis, le monde de l'enseignement agricole est en émoi. Faut-il arrêter d'envoyer les élèves en entreprise ? Au CEFA, une attention particulière est accordée à la prévention. Quant aux stages, ils sont plus que jamais maintenus. |

Sur deux années de scolarité, les élèves du CEFA passent entre 12 et 14 semaines en satge, sur le terrain. Ils effectuent aussi beaucoup de sorties en forêt, avec leurs professeurs, toujours munis de leurs équipements de sécurité |
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Tout faire pour la sécurité, oui. Supprimer les stages sur le terrain, non. Au Cefa ( Centre d'Etudes Forestières et Agricoles ) de Montélimar, comme dans tous les établissements concernés, "l'affaire" n'a laissé personne insensible. L'affaire ? Elle a été relayée par tous les médias : le directeur et un professeur d'un lycée d'enseignement agricole ont récemment été condamnés à de la prison avec sursis. L'un de leurs élèves avait été victime d'un accident grave, dans le cadre d'un stage professionnel en entreprise. Depuis, partout en France, de nombreux établissemnets ont décidé de supprimer ce type de stage. Une manière d'éviter de se retrouver, un jour, devant la justice.
Pas question de supprimer les stages
Au Cefa de Montélimar, établissement d'enseignement agricole privé sous contrat avec le ministère del'Agriculture, on ne cède pas à la psychose. La directrice, Nicole Joyeux, qui est aussi membre du bureau de l'Unrep ( Union Nationale Rurale d'Education et de Promotion ) se montre catégorique : " Nous maintenons notre attachement aux stages, que nous jugeons très importants pour les èléves. Je crois qu'il ne faut pas avoir peur de la "judiciarisation" de problèmes qui peuvent survenir. Le chef d'établiseemnt doit s'assurer de la sécurité de l'élève auprès du maître de stage et le suivi des stages fait partie intégrante de la mission de l'enseignant technicien ".
L'établissement montilien, dont la réputation n'est plus à faire en matière de métiers de la forêt, a fait de la sécurité de ses élèves une priorité. Il est vrai que quand on manipule une tronçonneuse, il convient d'avoir en tête que tout manquement aux règles paut avoir des conséquences gravissimes. " Chaque élève est visité au moins une fois dans son stage, explique Nicole Joyeux. Le suivi de stage fait l'objet d'un rapport écrit de la part de l'enseignant. Nous essayons de travailler au niveau de la prévention avec les équipes pédagogiques. Les élèves, eux, ne sont habilités à utiliser des outils dangereux que si il passent au préalable une visite médicale favorable. Quand les élèves partent en forêt, ils doivent obligatoirement avoir leur équipement de sécurité. S'ils ne l'on pas , ils ne partent pas. Comme ils ont envie d'aller sur le terrain, en général ils ne l'oublient pas ".
La prévention, voilà le mot-clè. " On insiste sur les "bons gestes" auprès des élèves, ajoute Nicole Joyeux. Nous leur faisons passer à tous l'AFPS ( Attestation de Formation aux Premiers Secours ). Toutes les équipes pédagogiques en sont aussi titulaires et en interne nous procédons à une actualisation des connaissances. Nous essayons aussi de former les maîtres de stage, que nous allons souvent visiter. Un travail est également fait avec la MSA ( Mutualité Sociale Agricole ), qui réalise des livrets sur la prévention. Quand il arrive un accident dans la profession, on en parle toujours avec les élèves. Il faut toujours avoir en tête que les métiers de la forêt sont des métiers dangereux". Et ce ne sont pas que des mots. On constate en effet que la plaquette d'information et le site internet du Cefa accordent un large chapitre à la sécurité.
Comment pourrait-il en être autrement ? Sur deux années de formation , les élèves passent de 12 à 16 semaines en stage. Difficile de rayer de leur emploi du temps cette expérience sur le terrain. Reste un atout énorme pour le Cefa : beaucoup de maîtres de stage sont des anciens élèves, déjà très sensibles aux problèmes de sécurité. Forcément.
David BONNET
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